[TEMOIGNAGE SKEMA BUSINESS SCHOOL] Yunqi Partners - Cui Wei

Yunqi Partners : Intégrer l'intelligence artificielle au cœur du management
Vous êtes diplômé de SKEMA Business School. Pouvez-vous nous parler de votre parcours et expliquer comment votre expérience a façonné votre vision du rôle croissant de l'intelligence artificielle dans le management et les affaires ?
J'ai étudié dans le programme International Master in Management (IMIM) à l'ESC-Lille (l'une des écoles fondatrices de SKEMA) entre 2002 et 2005. Après l'obtention de mon diplôme, je suis retourné en Chine où j'ai consacré ma carrière au secteur du capital-risque (VC) : environ 12 ans dans l'investissement direct (axé sur les technologies de nouvelle génération, l'IA et la robotique), puis environ 8 ans dans la gestion de fonds de fonds (FoF), investissant dans les principaux fonds de capital-risque chinois. Ce parcours m'a permis d'acquérir une connaissance approfondie du marché chinois du private equity, au moment même où l'IA émergeait comme une force de transformation majeure. Aujourd'hui, je travaille chez Yunqi Partners où je gère trois générations de fonds libellés en RMB et quatre en dollars américains, pour un total d'actifs sous gestion d'environ 10 milliards de RMB. Nous avons investi dans plus de 170 entreprises technologiques en phase de démarrage. Parmi les institutions de capital-risque en Chine, Yunqi Partners jouit d'une forte réputation et d'une grande influence sociale dans le secteur de l'intelligence artificielle. Mon expérience d'investissement dans plus de 50 entreprises liées à l'IA (comme MiniMax, Pingcap ou Keenon Technology) a façonné ma vision du rôle de l'IA dans le management. Premièrement, j'ai vu l'IA redéfinir l'efficacité opérationnelle : par exemple, la base de données open source de Pingcap utilise l'IA pour optimiser le traitement des données, réduisant les coûts de plus de 30 %. Cela montre que l'IA n'est pas seulement un outil, mais un moteur central de l'agilité opérationnelle. Deuxièmement, l'IA transforme la prise de décision stratégique : des startups comme DeepRoute.ai exploitent l'IA pour analyser les données de conduite autonome, permettant des itérations de produits plus rapides. J'en ai tiré la conviction que le management moderne doit intégrer une agilité pilotée par l'IA pour rester compétitif. Troisièmement, j'ai aussi observé les défis : le développement rapide de l'IA soulève des questions éthiques et de gestion des risques (comme la protection des données dans les grands modèles de langage). Les dirigeants doivent adopter une approche équilibrée – exploiter le potentiel de l'IA tout en construisant des cadres de gouvernance solides. En résumé, mon parcours m'a convaincu que l'IA n'est plus une tendance d'avenir mais un pilier fondamental du succès des entreprises, et que les équipes dirigeantes doivent intégrer la pensée IA à chaque étape du développement de leur organisation.
En quoi votre programme à SKEMA Business School a-t-il répondu à vos attentes, notamment dans la préparation à comprendre ou exploiter des technologies émergentes comme l'intelligence artificielle ?
Le programme IMIM a largement dépassé mes attentes, non seulement par la qualité de sa formation en management et en gestion d'entreprise, mais aussi parce qu'il a posé les bases nécessaires pour comprendre et tirer parti des technologies émergentes comme l'IA, bien avant qu'elle ne devienne un sujet central. Premièrement, le programme proposait un enseignement international et structuré du management, m'apprenant à relier les différents modules fonctionnels (supply chain, marketing, gestion des risques, etc.) aux transformations technologiques. Par exemple, les études de cas sur les grandes entreprises technologiques (même celles du début des années 2000) mettaient déjà en évidence la manière dont la technologie bouleverse les modèles économiques. Cela m'a appris à penser en avance sur l'impact du progrès technologique, une compétence essentielle pour évaluer aujourd'hui des startups d'IA comme MiniMax. Deuxièmement, l'accent mis sur la pensée critique et l'adaptabilité m'a préparé à suivre le rythme rapide de l'évolution de l'IA. À l'époque, nous analysions des environnements de marché dynamiques (comme la mondialisation post-2000) et apprenions à ajuster nos stratégies. Cette approche me sert aujourd'hui pour comprendre la nature évolutive de l'IA (de l'IA spécialisée à l'IA générative) et accompagner mes entreprises en portefeuille dans l'adaptation de leurs applications selon le retour du marché. Enfin, la perspective internationale du programme – grâce à un corps professoral mondial et des échanges entre étudiants de différentes origines – m'a appris à contextualiser la technologie selon les marchés. C'est essentiel pour exploiter l'IA aujourd'hui : les besoins en IA des entreprises chinoises (par exemple, en robotique industrielle) diffèrent fortement de ceux d'autres régions du monde. En somme, SKEMA ne m'a pas seulement enseigné la théorie du management, elle m'a transmis un état d'esprit technologique et innovant, indispensable pour adopter l'IA et les technologies émergentes dans ma carrière.
Selon vous, quels sont les principaux atouts du réseau des alumni de SKEMA Business School, notamment pour encourager la collaboration et le partage de connaissances autour de l'innovation et de l'intelligence artificielle ?
Le principal atout du réseau des anciens de SKEMA en Chine réside dans la force de ses liens et la synergie sectorielle – un avantage particulièrement précieux pour stimuler la collaboration et le partage d'expertise autour de l'innovation et de l'IA. Premièrement, le réseau s'appuie sur une proximité géographique et sectorielle qui favorise les échanges ciblés autour de l'IA. Avec le campus de Suzhou comme centre, rayonnant jusqu'à Shanghai – véritable pôle de la tech et du capital-risque chinois –, SKEMA organise régulièrement des événements à thème IA : tables rondes avec des alumni travaillant dans des startups IA (ingénieurs en algorithmes, investisseurs, etc.), où nous partageons des analyses sur les tendances d'investissement (comme le potentiel commercial de l'IA générative) ou les défis techniques (comme la rareté des données). Deuxièmement, le réseau favorise la collaboration inter-alumni dans l'innovation IA. Beaucoup d'anciens occupent des postes complémentaires dans l'écosystème : certains développent des solutions d'IA, d'autres cherchent à les intégrer dans leurs entreprises, d'autres encore les financent. Par exemple, j'ai mis en relation une entreprise manufacturière dirigée par un ancien de SKEMA (désireuse d'adopter un contrôle qualité par IA) avec une startup fondée par un autre alumni (spécialisée en vision par ordinateur) – une coopération mutuellement bénéfique qui a accéléré l'application concrète de l'IA. Troisièmement, la dimension internationale du réseau enrichit la diversité des connaissances en IA. Les alumni basés à l'étranger (notamment en Europe ou dans la Silicon Valley) partagent régulièrement les dernières tendances mondiales – comme la réglementation européenne sur l'IA ou les avancées américaines en recherche – via des forums en ligne, permettant ainsi aux anciens de Chine de rester connectés aux meilleures pratiques mondiales et d'éviter les angles morts locaux. En résumé, le réseau des anciens de SKEMA n'est pas qu'un cercle social, c'est un véritable écosystème d'apprentissage et d'innovation autour de l'IA, qui relie chercheurs, entrepreneurs et investisseurs à travers les frontières.
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