[TEMOIGNAGE SKEMA BUSINESS SCHOOL] VO2 - Vincent Marion

VO2 : IA et transformation des entreprises, de l'expérimentation à l'échell
Vous êtes diplômé de SKEMA Business School. Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?
J'ai rejoint SKEMA en Master 1 sur le campus de Sophia-Antipolis, puis effectué une année de césure chez Google France avant de partir sur le campus de Suzhou pour mon Master 2 en Entrepreneuriat. Après mes études, j'ai créé deux entreprises. En 2016, Cheese Republic, le premier site e-commerce de fromage en Chine, que j'ai revendu deux ans plus tard à un leader local de la distribution agroalimentaire. Ensuite, Slingshot, une agence digitale rachetée par VO2 Group en 2023. Je dirige toujours cette structure, aujourd'hui composée d'une centaine de collaborateurs à Shanghai. Nous accompagnons de grands groupes du CAC 40, comme LVMH, Accor ou Saint-Gobain dans leur transformation digitale, notamment sur les sujets CRM et WeCom Mini-Programs.
Comment accompagnez-vous aujourd'hui les grandes entreprises dans l'intégration concrète de l'IA dans leur organisation ?
Plus récemment, nous avons structuré notre offre autour de deux axes. Le premier, c'est le management du changement. Nous accompagnons les directions générales sur les enjeux réels de l'IA en 2026 : ce que l'agentique change concrètement dans un groupe, la manière de structurer la gouvernance, ou encore de bâtir une stratégie durable. Un point clé reste l'identification des bons cas d'usage. C'est là que beaucoup d'organisations se trompent : les décisions sont prises en silo, sans coordination entre les métiers, le digital et le top management. Résultat : des initiatives dispersées et des gains marginaux, alors que les principaux leviers de valeur se situent souvent dans les processus métier, la relation client ou la prise de décision. Le second axe concerne le déploiement agentique. On ne parle plus d'outils qui suggèrent, mais de systèmes qui agissent et collaborent entre eux.
L'IA agentique est souvent présentée comme une rupture : comment se traduit-elle concrètement dans les organisations ?
C'est ce que l'on appelle l'orchestration agentique : plusieurs agents spécialisés travaillent en séquence ou en parallèle, chacun responsable d'une tâche précise, coordonnés par un agent orchestrateur qui gère priorités et arbitrages. Notre boussole reste la même : mieux comprendre le client et créer une relation plus juste entre la marque et son audience. Les agents ne se contentent pas d'automatiser, ils analysent en continu des signaux, détectent des intentions et personnalisent la relation à une échelle jusqu'ici impossible. Concrètement, un agent peut détecter une baisse d'engagement sur un segment client, transmettre l'analyse à un second qui génère des contenus de réactivation, tandis qu'un troisième choisit le canal et le moment optimal, le tout soumis à validation avant envoi. Autre exemple : un agent surveille en continu la performance d'un réseau de revendeurs, identifie les écarts et déclenche automatiquement des actions correctives – relances commerciales, alertes au management ou ajustement des allocations. C'est un véritable changement de paradigme : certaines décisions opérationnelles sont désormais prises par les agents. Le rôle humain se déplace vers la supervision, la stratégie et la définition des règles du jeu. La technologie évolue, mais l'objectif reste le même : comprendre les marques, comprendre leurs audiences, et construire une relation durable.
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